Jour XVI : Personnage historique 

Héliogabale (203 - 222 ap. J.-C.)

 

 

 

 C’est le moment de découvrir un nouveau personnage historique ! Et en parlant de découverte, d’apprentissage et de mémoire, il nous faut parler surtout de damnatio memoriae. La Damnatio Memoriae, c’est le fait d’être effacé...

 

 

 

effacé de l’espace public et de voir son histoire retirée de la mémoire nationale. Par exemple, si on efface les bons actes de Néron, il devient un fou furieux sur qui on peut faire reposer toutes les horreurs. Et si on efface Varius Avitus Bassianus, alias Héliogabale, on ne sait pas qui c’est, ni qu’aujourd’hui, on pourrait la considérer comme...

(Buste d’Héliogabale, Palazzo Nuovo - Musei Capitolini - Rome 2016)

 

 

 

 L’Impératrice trans de Rome. (Hé ouais ça vous en bouche un coin). Mais rétablissons la vérité. On a peu de sources qui parlent d’Héliogabale, et les historiens romains ne sont pas réputés pour leur rigueur… Bassianus a été effacé pour son excentricité (et pas pour cruauté).

(Les Roses d’Héliogabale, Lawrence Alma-Tadema, huile sur toile, 1888)

 

 

 

Pour ce qui semble le plus sérieux, le récit dit qu’elle s’est mariée de  nombreuses fois (femmes, hommes, et même une vestale !), qu’elle avait l’habitude de trop exposer sa sexualité, et qu’elle se fardait, portait les vêtements des femmes syriennes, et demandait qu’on la genre au féminin

 

On vous laisse avec un court extrait de son mari Zoticus qui vient lui parler :  << "Empereur, mon maître, salut !", il lui répondit sans la moindre hésitation, en penchant à ravir la tête comme une femme et en cligant des yeux : "Ne m'appelle pas ton maître ; je suis ta maîtresse. ">> Dion Cassius, Histoire Romaine, l. VXXIX, 16

(Elagabalus Aureus Sol Invictus)

 

 

 

Si vous souhaitez le passage entier le voici : Dion Cassius, Histoire Romaine, l. VXXIX, 16, c'est une traduction de E. Gros : 

 

 

Καὶ ὃς ἰδὼν αὐτὸν ἀνέθορέ τε ἐρρυθμισμένως, καὶ προσειπόντα, οἷα εἰκὸς ἦν, "κύριε αὐτοκράτορ χαῖρε," θαυμαστῶς τόν τε αὐχένα γυναικίσας καὶ τοὺς ὀφθαλμοὺς ἐπεγκλάσας ἠμείψατο, καὶ ἔφη οὐδὲν διστάσας "μή με λέγε κύριον· ἐγὼ γὰρ κυρία εἰμί." Καὶ ὁ μὲν συλλουσάμενός τε αὐτῷ παραχρῆμα, καὶ ἐπὶ πλεῖον ἐκ τῆς γυμνώσεως, ἅτε καὶ ἰσόρροπον τῇ φήμῃ εὑρὼν αὐτὸν ὄντα, πασχητιάσας ἔν τε τοῖς στέρνοις αὐτοῦ κατεκλίθη, κἀν τοῖς κόλποις ὥσπερ τις ἐρωμένη δεῖπνον εἵλετο·

 

A sa vue, le prince s'élança d'un pas cadencé, et lorsque Zoticus lui eut, comme il le devait, adressé ces mots : "Empereur, mon maître, salut !", il lui répondit sans la moindre hésitation, en penchant à ravir la tête comme une femme et en cligant des yeux : "Ne m'appelle pas ton maître ; je suis ta maîtresse." Après avoir, à l'heure même, pris le bain avec lui, et avoir attendu qu'iI le trouvait à la hauteur de sa renommée, augmenté son ardeur en Ie contemplant nu, il se coucha sur les genoux et soupa sur son sein comme une femme aimée.

 

Texte entier sur Remacle

 

 

 

(textes et images imaginés/ trouvés par Anthéa  😉)